Showing posts with label Galerie Glendon. Show all posts
Showing posts with label Galerie Glendon. Show all posts

Tuesday, January 14, 2014

La Galerie Glendon, réinventée par le photographe Aurélien Muller



Méconnaissable!
Cette semaine, la Galerie Glendon a été entièrement réinventée pour répondre aux besoins de l’ambitieuse installation multimédia du photographe Aurélien Muller. 

Du 7 au 11 janvier dernier, les visiteurs de la galerie empruntaient exceptionnellement la porte côté jardin pour accéder à l’installation Modern Photography (ie) Moderne. 

Se faufilant à travers de lourdes tentures, nous entrions dans un univers qui n’était pas sans rappeler un sombre salon Victorien. À notre gauche, un petit boudoir avec long divan de velours rouge surmonté d’une immense photo noir et blanc. À notre droite, la forme ovale de quatre “portraits de famille” projetés sur les murs du “salon” dénudé, arborant cet air sérieux des photos de la fin du 19e. 


Fixant le portrait “antique” d’une jeune femme moderne aux yeux fermés, j’ai eu la surprise de la voir ouvrir les yeux! 



L’ancien et le nouveau
C’est que, voyez-vous, Aurélien Muller (diplômé de la Formation supérieure en photographie de Vevey en Suisse) venait de passer un mois à mettre au point un laboratoire d’expérimentation photo et vidéo dans la galerie.

Un moniteur noir et blanc, point lumineux dans un petit coin sombre, attirait notre regard. On y découvrait l’action se déroulant “live” de l’autre côté de la porte du studio temporaire aménagé par le photographe avec l’aide de divers départements de l’Université Glendon. 


Dans son studio de fortune, Aurélien engageait avec charme et humour ses sujets: les visiteurs de la galerie, qui se succédaient devant sa caméra. Sur un mur, on pouvait lire la pensée (traduction libre): La beauté de la photographie est que le sujet est celui qui fait tout le travail.

Sous le drap opaque de sa caméra 4 X 5, Aurélien regardait ses sujets, non pas dans l’obturateur de son appareil photo, mais plutôt dans le voyant de sa caméra vidéo. En demandant aux gens de rester immobiles avant de bouger légèrement, le photographe et vidéographe réussissait à créer une illusion de photo antique que son système élaboré projetait ensuite dans la galerie. (Pour remercier ses sujets de leur participation, il leur remettait une impression de photo tirée de leur vidéo.)







G à d: Marc Audette (professeur de photographie à Glendon
et commissaire de la galerie),  Martine Rheault (directrice de la galerie),
Jennie Matingu (assistante à la galerie)
“Aurélien Muller a démontré un talent unique pour rassembler divers groupes autour de son projet multimédia durant tout le mois précédent l’ouverture de l’installation, souligne Martine Rheault, directrice de la Galerie Glendon. Les gens du théâtre de Glendon ont fourni et installé les accessoires et éclairages qui transformaient la galerie. Les gens du centre de support information de Glendon ont aidé le photographe à surmonter tous les défis techniques de son projet.”

Depuis l’anticipation des participants attendant de prendre place devant sa caméra jusqu’à l’excitation de voir le résultat sur les murs de la galerie, en passant par l’agréable session en studio professionnel, Aurélien Muller a su offrir une expérience interactive moderne et rafraîchissante, éliminant la distance entre l’artiste et le public.

La Galerie Glendon sur le campus de
l'Université Glendon

Tuesday, May 14, 2013

BRAVO: un exemple inspirant de collaboration intelligente


Belle exposition sous un ciel Clément

À la Galerie Glendon jusqu’à la fin du mois de mai, le projet Clément Bérini: Honorer Inspirer Rassembler rallie 30 membres de BRAVO venant des quatre coins de la province autour d’oeuvres choisies de l’artiste-peintre et éducateur franco-ontarien. Un concept original qui permet au grand public de mieux apprécier la grande diversité des sensibilités artistiques.

Ce projet est une initiative de BRAVO-Sud, le bureau régional du Sud de BRAVO (acronyme pour Bureau des regroupements des artistes visuels de l’Ontario), qui cherchait un prétexte artistique pour créer plus de liens entre ses membres. Mission accomplie!

L’idée était que chacun des artistes impliqués produise une oeuvre inspirée d’une création spécifique de Clément Bérini. Le concept a séduit les trois autres bureaux régionaux ainsi que le ministère de l’Éducation de l’Ontario, qui en est devenu le principal bailleur de fond. (Il faut relever que ce projet comporte des ateliers techniques conçus à l’intention des enseignants et des élèves de la province.) 

La Galerie Glendon était la première halte d’une tournée de l’exposition dans dix galeries et écoles de la province jusqu’en septembre 2014. 

Concept engageant
Sans même connaître la nature du concept de l’exposition, les visiteurs reconnaissent qu’il y a un air de famille entre plusieurs oeuvres. 


Faites une première tournée de la galerie, puis consultez les pages 7 et 8 du catalogue de l’exposition mis à notre disposition pour découvrir les toiles de Bérini ayant servi de point de départ. Vous aurez ensuite grand plaisir à revisiter les créations pour mieux apprécier les différentes interprétations des artistes. 

À gauche de l’entrée, on trouve la série d’oeuvres des artistes de BRAVO-Nord (dont Bérini était membre de son vivant) inspirées de la toile Les grandes orgues de Saint-Sylvestre. On y trouve la plus grande variété de matériaux d’expression dont les magnifiques fibres d’art de Réjeanne D’Amours, l’ingéniuse utilisation de lattes de store vénitiens de Laurent L. Vaillancourt et le vitrail de Solange Vaillancourt. 



Faisant face à BRAVO-Nord, les oeuvres de BRAVO-Centre honorent la toile Poésie, Musique, Peinture 1980. Le rapport visuel entre les créations des membres et celle de Bérini est moins direct mais tout aussi efficace pour soutenir le thème. Il est intéressant de comparer le contraste entre l’effet mandala de Sylvia Antinozzi (comme le décrivait si bien Véronique Tomaszewski alors que nous admirions toutes deux sa toile) et celui plus pixellisé de Bruce Cull. 

BRAVO-Sud
La série d’oeuvres des douze membres de BRAVO-Sud était des plus satisfaisantes à admirer, peut-être parce qu’insufflée de la lumière spirituelle qui émane du paysage sans titre dont les artistes se sont inspirés. On en a dit dans le catalogue qu’elle “incarne une qualité spirituelle que Bérini était impatient d’exprimer”.




Le sentier lumineux photographié dans une forêt par Marc Audette est certainement investi de cette qualité spirituelle. Il en va de même pour l’estampe numérique montée sur plexiglass de Denis Leclerc, belle comme un vitrail d’église, ainsi que du regard du photographe André Pilon tourné vers le ciel sous une voûte d’arbres qui montent comme une cathédrale. Il y a encore l’expérience d’animation de Paul Walty, tirée d’une série de photos captant de façon énigmatique la lumière de vitraux bien réels.

Seul bémol à l’exposition: la série de BRAVO-Est. Non pas à cause de la qualité de ses oeuvres (vous vous amuserez avec l’effet 3D de la création de Marc Charbonneau) mais parce qu’ils n’ont pas voulu jouer le jeu jusqu’au bout. Chaque artiste s’est en effet inspiré d’une oeuvre différente, privant ainsi le public de la joie apportée par la variation sur un même thème adoptée par les autres régions.



BRAVO et ses membres
Avec de semblable initiatives, (n’oublions pas la superbe Nuit Bouffe de BRAVO-Sud décrite dans L’Express en septembre dernier) BRAVO s’affiche de plus en plus comme un joueur vital pour la promotion, le développement et la rencontre des artistes visuels de l’Ontario.

Il n’est coûte que 40$ par année (10$ si vous êtes étudiant) pour devenir membre et profiter d’une liste grandissante d’avantages. Pour en savoir plus, consultez le site www.bravosud.org si vous habitez la région du Grand Toronto, ou le site provincial www.bravoart.org.  

Clément Bérini: Honorer Inspirer Rassembler
Où: Galerie Glendon, 2275 avenue Bayview (au fond du campus).
Quand: Jusqu’au 31 mai. La galerie est ouverte du mardi au samedi de midi à 14h.
Combien: Entrée gratuite, stationnement payant
Pendant que vous y êtes: Emportez un pique-nique et profitez du superbe Jardin des roses attenant à la Galerie, puis baladez-vous sur le campus, particulièrement en beauté au printemps.
Visite guidée sur demande: Communiquez avec Lise Goulet au 416-325-2068 ou lise.goulet@ontario.ca.





Sunday, November 11, 2012

Pascal Paquette: graffiteur

Mur-à-mur
Des tags hideux sur la boîte aux lettres de mon quartier à la superbe explosion de couleurs du graffiteur Pascal Paquette exposée à la Galerie Glendon (prolongée jusqu'au dimanche 9 décembre), il y a un monde. 
Le monde des graffiti. 

Je parlais dans mon article Belle talle d’art public de la murale Suitman ornant un viaduct juste à l’ouest de l’avenue Lansdowne. 

Cette oeuvre de Joel Richardson, d’abord commissionnée par la Ville de Toronto, a été effacée par l’administration Ford dans sa guerre contre les graffiti... pour ensuite être refaite, quand l’artiste a obtenu de la Ville la permission de l’exécuter à nouveau. Manifestement, la confusion reigne quand à l’interprétation de ce qui constitue l’art ou le vandalisme quand il est question de graffiti. 

J’ai donc pensé qu’il serait approprié de demander à Pascal Paquette, rencontré par L'Express il y a deux semaines, de m’aider à comprendre les dessous de cet art qui couvre les murs de ma ville.

Tag!
Il existe une sorte de code de conduite auquel la majorité des graffiteurs tentent d’adhérer. En principe, on ne peint ni sur les lieux religieux, ni sur les écoles ni sur les maisons privées. 

Puis, on ne peint par dessus la création d’un collègue qu’avec une oeuvre demandant une maîtrise supérieure de l’art du graffiti.

Le tag, signature peinte en une couleur, est la forme la plus simple du graffiti, le b.a.-ba de l’art. Par dessus un tag, on peut dessiner un “throw-up” (les grosses lettres en bulles) plus demandant techniquement. Celui-ci pourra être supplanté par une “piece” (une mini murale qu’on retrouve avec d’autres pieces sur un mur). Une production, que le grand public considère comme une vraie murale, a le droit de tout  recouvrir. (Les productions sont habituellement l’oeuvre des “kings” graffiteurs, reconnus comme des maîtres dans leur communauté.)

Tout au long de son évolution, l’artiste conserve sa signature. Par exemple, même s’il est maintenant exposé dans les galeries, Pascal Paquette admet qu’il continue de laisser des tags dans la ville. 

Le “branding” étant vraiment à la mode dans la société d’aujourd’hui, on comprend la motivation derrière cette pratique. Mais pour un graffiteur exposant légalement en galerie, les enjeux sont autres: il s’agit de signifier aux autres artistes, par ces actes illégaux, qu’il est encore “dans la game”.

C’est du sport
Pascal fait souvent référence au “sport” du graffiti. On ne parle pas ici que de la difficulté physique d’exécuter une oeuvre à la bombonne, à moitié suspendu à partir du toit pour couvrir le mur d’un troisième étage. Pensez plutôt au rush d’adrénaline quand un artiste réalise qu’un hélicoptère de la Police de Toronto tourne au dessus de sa tête pendant qu’il peint sur les murets le long des voies ferrées. Imaginez les plongeons sous des camions pour éviter les autorités; les sauts de 15 pieds et les courses folles pour s’enfuir là où les voitures ne peuvent suivre...  

Les graffiteurs dessinant sur les lieux publics sont passibles de quatre chefs d’accusation: empiétement sur la propriété privée, méfaits, vandalisme, résistance aux policiers. Dans ce sens, l’emplacement illégal du graffiti est une partie importante de l’art.

Le temps requis d’exécution ajoute également au risque. C’est pourquoi des graffiteurs chevronnés se sont mis à utiliser des stencils pour aller plus vite. Banksy est probablement le graffiteur le plus connu (et le plus controversé dans les deux camps, chez le grand public autant que parmi la communauté des graffiteurs).

Les puristes disent que Banksy “triche” en courant moins de risque sur le terrain. Peut-être, mais je suis bien contente qu’il ait trouvé une façon plus sûre de réaliser ses oeuvres sans interruption. La lecture du blogue 80+ beautiful street crimes done by Banksy sur le site boredpanda.com m’a convaincue du génie de cet artiste pour insuffler de la vie dans les espace publics. Sous ses mains habiles, les histoires jaillissent des fissures dans les murs et des craques sur le sol. 

C’est d’ailleurs par le stencil que Pascal Paquette s’est fait connaitre dans la communauté des graffiteurs. Ayant eu vent qu’un inspecteur, Heinz Kuck, montait des dossiers sur les graffiteurs de Toronto pour éventuellement “irradier” les graffiti, l’artiste s’est mis à peindre le nom de Heinz Kuck au stencil dans toute la ville. Un peu comme si Kuck lui-même laissait des tags un peu partout. 

Un “sellout”?
Pour les besoins de l’exposition, Pascal Paquette a dessiné (dans son studio) ses grandes pièces sur du canevas, qu’il a ensuite montées sur les murs de la galerie Glendon avec une série de petites toiles peintes liant le tout en courtepointe.

Quand un graffiti sort de la rue pour se retrouver dans un espace légal comme la galerie Glendon, perd-il son sens? Certainement pas, affirmera Pascal Paquette (qui s’est amusé à imprimer des T-shirt arborant le mot “Sellout” qu’il a intégré dans son exposition).

Au delà de la bravade, il y a la maîtrise d’un art: la technique du style, l’agencement des couleurs, la qualité du dessin et l’intelligence du message. (Ce n’est pas par hasard que le noir des pingoins de Pascal dégouline sur leur fourrure blanche: il semblerait que les pingoins d’aujour’dhui sont de plus en plus noirs, pour mieux se camoufler dans un environnement de moins en moins enneigé.)

Les graffiti, quand ils s’éclatent, habillent les coins les plus laids de la grisaille urbaine et font réfléchir, souvent avec humour. Pas étonnant que le grand public se soit développé un goût pour un peu plus de ce bouillonnement coloré dans le quotidien. (J’étais récemment en meeting dans les beaux locaux de Corus Entertainment, dans une salle de réunion arborant une large “piece” de graffiti et un plein mur noir sur lequel on pouvait s’éclater avec des craies.)







Prochaine étape?
Tandis que certains s’accrochent à une définition puriste de cet art et consacrent leur temps à pointer du doigt ceux qui ont “vendu leur âme” en faisant sortir les graffiti de la rue, d’autres sont occupés à le faire évoluer.

On voit maintenant des artistes faire du “reverse graffiti”, où le torchon remplace les bombonnes pour laisser un dessin dans la crasse des murs, et des graffiti au laser, permettant d’écrire sur un pan de mur complet sans grimper. (On ne peut plus accuser les graffiteurs de vandalisme...)

Et les accros de l’adrénaline n’ont pas dit leur dernier mot. Vous avez entendu parler du “roof topping”? Les photographes adeptes de cette dernière tendance se faufilent illégalement dans les gratte-ciels, vêtus d’habits de la construction ou d’agents de sécurité, pour aller prendre des photos uniques du toit des édifices.  

Exposition du graffiteur Pascal Paquette
Où: Galerie Glendon, 2275 Bayview Avenue (au fond du campus)
Quand: Jusqu’au 9 décembre, du mardi au vendredi de midi à 15h et le samedi de 13h à 16h. Exceptionnellement également le dimanche 9 decembre de 13h à 16h.