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Monday, May 6, 2013

Denis Leclerc: co-fondateur de Costa Leclerc Design

Penser en dehors de la boîte 
(de graphisme)


Depuis des années, la firme Costa Leclerc Design trouve des façons originales de souhaiter de joyeuses fêtes à ses clients tout en leur transmettant l’information sur l’organisme bénéficiaire de leur don corporatif annuel. Cette approche permet à la boîte de graphisme de faire d’une pierre... quatre coups!

Qu’on gère une petite entreprise ou qu’on soit pigiste, le personnel et le temps sont des ressources limitées. On se doit donc de maximiser l’impact de chacune de nos actions. (Dans mon cas par exemple, je ne sors jamais sans mon appareil photo et me concentre sur les activités sociales dont je pourrai éventuellement parler dans un article, un blogue ou un guide.) 

En dehors du bureau
J’ai rencontré Denis Leclerc, la tête francophone de l’entreprise bilingue Costa Leclerc Design (CLD), afin qu’il me parle un peu plus de son approche. Il m’a invitée dans le sélect Soho House (club privé dont il est membre) lové à l’ombre du splendide Hôtel Shangri-La. 

L’ambiance est aussi feutrée que celle des boys’ clubs qu’on voit dans les films: divans de cuir, petits recoins pour brasser de grosses affaires, service discret, pas le droit de prendre des photos, etc. Mais le jeune homme à la réception, vêtu d’un T-shirt de Mickey Mouse, et la marquetterie du magnifique plancher, faite de bois de grange, indique qu’il s’agit d’un club fait pour plaire à une communauté artistique.   

Y étant membre, Denis Leclerc peut à la fois profiter personnellement de l’ambiance stimulante et de la bonne cuisine du Soho, et cultiver ses relations d’affaire en leur offrant une expérience des plus agréables, en dehors du bureau. 
Ça ne date pas d’hier!
Ce réflexe de faire d’une pierre deux coups ne date pas d’hier chez l’entrepreneur. 

Le décor intime du club porte aux confidences. Dans la conversation, j’apprend que lorsqu’il était adolescent, Denis devait marcher une heure pour se rendre de sa banlieue vers le quartier plus cossu de ses amis. Qu’à celà ne tienne, il profitait de la marche à la fin de ses soirées pour... étudier. Il s’arrêtait sous la lumière de chaque lampadaire pour lire un passage qu’il entreprenait ensuite de mémoriser dans la noirceur, jusqu’au prochain lampadaire.

On comprend que les clients bénéficiant d’une telle imagination pour maximiser les ressources en ont pour leur argent.

Aller de l’Avant
Le 1er décembre dernier, CLD a avisé ses relations d’affaire qu’un calendrier de l’Avant était disponible sur leur nouveau site web. 

Chaque jour jusqu’au 25 décembre, la boîte a ajouté une surprise à son calendrier. On découvrait tout à tour des faits intéressants, des offres ludiques, des réflexions philosophiques inspirantes, et des liens sur quelques organismes auprès desquels faire des dons. 

On peut voir la version finale de ce calendrier interactif sous la rubrique Élémentaire de leur site (cliquer la case arborant le chiffre 25 en jaune, puis le titre 25 jours de merveilles).

D'une pierre quatre coups!

Premier coup: redonner à la société
Une firme bien établie comme Costa Leclerc peut décider de faire des dons corporatifs en argent (ce qu’ils font à chaque année), mais ils choisissent aussi de consacrer du temps de création pour donner une visibilité accrue à l’organisme de leur choix. 

On comprend ici que redonner à la société est à la portée de toutes les entrepreneurs. Chacun peut en effet choisir de consacrer du temps, à défaut d’argent, pour assister des organismes à buts non lucratif auxquels il croit, selon la nature de son entreprise. Pensez création de visuel, services légaux, consultation marketing, rédaction, correction, traduction, conception de clips, prise de photos et autres.

Deuxième coup: renouvellement
Ce sont par de tels projets qu’une firme créative peut le plus se renouveller. 

Denis remarque que les contrats impliquant des clients viennent souvent avec des contraintes (tel le look courant de la compagnie ou la résistance aux nouvelles idées). Or, pour attiser la flamme créative, il faut pouvoir se dépasser de temps en temps. Si l’ocasion de dépassement ne vient pas d’un contrat, la firme peut se créer son propre projet et en faire bénéficier quelqu’un. 
Dans la section Élémentaire de leur site web, vous trouverez  toutes les actions promotionelles créées par CLD pour attirer l’attention sur des organismes à but non lucratifs. Mes préférées comprennent une boussole, une maisonnette à construire, des caractères d’imprimerie vintage, un bricolage de petits oiseaux pour l’arbre de Noël et un sandwich au beurre de "pinotte" et confiture

Denis Leclerc est aussi membre du collectif PADEJO, lui permettant d’explorer des avenues très différentes de celles fréquentées par sa firme. On pouvait le voir lors du dernier Nuit Bouffe sculpter des "ballounes" avec ses artistes partenaires Paul Walty et Joseph Muscat. 

Troisième coup: renforcer sa crédibilité
Le point de départ du calendrier de l’Avant était l’écrit, affirme Denis. “De nos jours, le contenu devient plus important que le visuel.” explique-t-il. Un projet comme le calendrier de l’Avant permet à la firme de se positionner comme une entreprise capable de penser un contenu pertinent.

Quatrième coup: relations publiques
La compagnie donatrice peut ensuite faire part de son action pour mieux faire connaitre à sa clientèle les valeurs de l’entreprise. (Les projets développés pour accompagner les dons se retrouvent dans le portefolio de Costa Leclerc.) 

Elle peut ainsi engager une conversation en ligne dans ses médias sociaux, sur son site web ou lors de rencontres sociales, la base de bonnes relations publiques. (Sans oublier que ça permet d’attirer l’attention du public vers l’organisme bénéficiaire et peut-être de motiver d’autres compagnies à lui prêter main forte.)

Un autre avantage du calendrier est qu’il a appris aux visiteurs comment naviguer sur le nouveau site de CDL (bâti sur la même structure de cases de mosaïque que l’on clique). 

À la portée de tous
De nos jours, il n’en coûte plus rien pour envoyer en ligne documents, PDFs, photos, illustrations, eBooks et clips. C’est la démocratisation des moyens de diffusion.

La question se pose donc pour toutes les entreprises, petites et grandes.  “Que peut-on créer et donner à nos clients pour célébrer notre relation, renforcer nos liens et commencer une conversation?”

“Et comment va-t-on s’amuser en même temps?”, rajoute Denis Leclerc, en hédoniste pragmatique.



Friday, May 3, 2013

Neil Gaiman inspire les futurs pigistes

"Make good art"
et conseils pratico-pratiques 

Beaucoup de gens font circuler ces trois mots tirés d'un speech que l'auteur Neil Gaiman (celui qui a créé entre autre l'histoire de Coraline dont on a fait un film animé) a présenté devant les finissants de University of The Arts à Philadelphie. Mais il y a plus!


















"Faites de l'art solide" (traduction libre) leur disait l'auteur. C'est l'ultime bouée de sauvetage. Celle qui vous porte à travers les bons et mauvais moments de la vie. 


Puis il se lance dans quelques anecdotes qui lui ont fait réaliser que créer seulement pour l'argent n'a jamais "payé" en bout de ligne. Bien des choses peuvent mal aller: maison d'édition en faillite, mauvaise promo, mauvais timing menant à des ventes minables. "Quand tu as écrit quelque chose de solide, il te reste toujours bien ça."

"Toutes les choses ce que j'ai créées parce que j'étais excité et voulais les voir se réaliser ne m'ont jamais laissé tomber." affirme doucement Neil Gaiman.



Trois conditions pour être réengagé
Mais il y a plus dans ce clip de 20 minutes. L'auteur accompli résume les trois raisons pour lesquelles les gens vous engageront.

La première fois, les gens vous engagent... parce qu'ils vous engagent. Peu importe comment vous avez obtenu ce premier contrat, ce n'est pas l'important. Ce qui compte, ce sont les raisons pour lesquelles les gens réengagent des pigistes/artistes/travailleurs indépendants:

1) Parce que votre travail est bon.
2) Parce qu'il est agréable de travailler avec vous.
3) Parce que vous livrez votre travail à temps.

Et vous n'avez même pas besoin de rencontrer les trois conditions! Deux sur trois suffisent, affirme Gaiman.

"Les gens vont tolérer votre mauvais caractère s'ils aiment votre travail et si vous livrez la marchandise.
Ils vont vous pardonner votre retard s'ils aiment votre travail et s'ils vous aiment. 
Et vous n'aurez même pas besoin d'être le meilleur si vous livrez votre travail à temps et si c'est toujours un plaisir de vous parler."

Belle leçon pour nos jeunes!
Bref, le talent seul ne suffit pas.

Il ne faut jamais oublier qu'on travaille avec des êtres humains (avec ce que ça demande d'écoute, d'empathie, de psychologie). Et notre étique professionnelle est un de nos meilleurs atouts. 

Être agréable, et à l'heure. C'est pas une mère qui dit ça, c'est Neil Gaiman!